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Vous arrachez vos radis noirs après plusieurs semaines de culture, et là : des galeries creusées dans la chair, des trous suspects, des racines abîmées. Ce n’est pas une fatalité. Deux ravageurs bien précis sont responsables de ces dégâts, et les reconnaître est la première étape pour ne plus jamais les subir.
Coupable n°1 : la mouche du chou
La mouche du chou (Delia radicum) est une petite mouche gris-brun qui s’attaque à toutes les Brassicacées : radis, chou, navet, betterave, colza. Dès le printemps, la femelle pond ses œufs blancs directement au niveau du collet des plantes.
Les larves qui en naissent — blanc crème, molles, sans pattes, jusqu’à 10 mm — s’enfoncent aussitôt dans la racine. Elles creusent des galeries larges, irrégulières et superficielles, souvent accompagnées de brunissement et de signes de pourriture. Sur de jeunes plants, le feuillage peut même se flétrir brutalement.
Le radis noir, semé en fin d’été pour une récolte automnale, tombe pile dans la période des 2e et 3e générations de cet insecte. Ces générations sont souvent les plus dévastatrices de la saison.
Coupable n°2 : le ver fil de fer (taupin)
Le taupin est la larve d’un coléoptère de la famille des Elateridae. Son surnom « ver fil de fer » vient de son corps long, dur, rigide, d’un beau jaune-orangé. Il peut rester enfoui dans le sol jusqu’à 5 ans avant de devenir adulte.
Contrairement à la mouche du chou, ce ravageur ne vole pas : il vit et se déplace sous terre en permanence. Il affectionne particulièrement les parcelles anciennement en prairie, les sols lourds et humifères.
Ses dégâts sont facilement reconnaissables : des trous parfaitement ronds, nets et profonds, comme des coups d’aiguille dans la racine. Avec la mouche du chou, les galeries sont larges et irrégulières. Avec le taupin, elles sont précises et profondes. Cette différence suffit à identifier le responsable.
Stopper la mouche du chou : la prévention avant tout
Lutter contre les larves déjà installées est quasi impossible. L’objectif est d’empêcher la ponte. Le voile anti-insectes, posé dès le semis (fin juillet–août) et maintenu jusqu’à la récolte, est la méthode la plus fiable. Il doit être parfaitement fixé sur les bords, sans aucun interstice.
Autres gestes essentiels : retirer immédiatement les plants éclaircis, ne jamais laisser de restes de chou ou de navet au sol. En complément, un arrosage au purin de tanaisie, ou un épandage de marc de café et de cendre de bois entre les rangs, peut décourager les pontes.
Contrer le taupin : patience et méthodes ciblées
Le voile anti-insectes est ici totalement inutile. Il faut agir directement dans le sol. La technique du piégeage par appâts est simple : enterrez des rondelles de pomme de terre ou de carotte à 10 cm de profondeur, repérez-les avec un bâton, et relevez-les tous les deux jours pour éliminer les larves attirées.
Le travail du sol en automne expose les larves au froid et aux prédateurs. Lâcher des poules sur la parcelle après la récolte est aussi très efficace. Dans les sols trop humides, améliorez le drainage avec des apports de sable.
La solution biologique la plus ciblée reste l’utilisation de nématodes Heterorhabditis bacteriophora, appliqués via l’arrosage. Attention : le sol doit être humide et sa température comprise entre 15 et 25 °C pour garantir leur efficacité.
Le meilleur allié reste la biodiversité
Un potager vivant attire naturellement les prédateurs de ces ravageurs. Les carabes et staphylins se régalent des œufs et nymphes de la mouche du chou. Les larves de taupin, elles, sont très appréciées des musaraignes, des carabes et des oiseaux du jardin.
Favoriser cette biodiversité, c’est laisser la nature travailler à votre place — et déguster enfin des radis noirs bien croquants à l’automne.
